La ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a souligné la nécessité de disposer de données statistiques fiables pour mieux défendre les intérêts des acteurs culturels auprès des partenaires financiers. Elle s’exprimait le jeudi 22 octobre 2026, à Abidjan-Plateau, lors d’une table ronde consacrée au potentiel économique des industries culturelles et créatives en Afrique.

Par Karina Fofana

Le secteur culturel ivoirien entend renforcer son poids économique grâce à une meilleure collecte des données statistiques. C’est l’un des messages clés de Françoise Remarck, ministre de la Culture et de la Francophonie, à l’occasion d’une table ronde organisée par Bloomfield Intelligence autour du thème « L’économie des industries culturelles et créatives en Afrique ».
Cette rencontre a réuni plusieurs personnalités du monde culturel, dont Alain Tailly, écrivain et directeur exécutif de Glohi.com, Traoré Salif, dit A’Salfo, président-directeur général (PDG) de Gaou Productions, et Jacob Bleu, artiste-peintre.


u cours des échanges, Françoise Remarck a relevé qu’une bonne partie des artistes évoluent dans le secteur informel. Une situation qui, selon elle, rend nécessaire la mise à disposition de données statistiques permettant aux acteurs culturels de mieux défendre leurs intérêts auprès des partenaires techniques et financiers, ainsi que des établissements bancaires.

« Peut-être que ces acteurs du monde financier ne nous connaissent pas suffisamment. C’est pourquoi nous avons ouvert un grand chantier avec la création d’une direction des statistiques et de la planification. D’ailleurs, pour ceux que cela intéresse, nous avons commencé à publier des statistiques sur le site internet du ministère »,


Pour la ministre, la disponibilité de données fiables constitue un levier essentiel pour convaincre les partenaires et négocier des financements adaptés aux besoins du secteur. Sans chiffres précis pour mesurer son poids économique et ses contributions, le plaidoyer en faveur de la culture demeure limité.

Des données pour renforcer le plaidoyer

Françoise Remarck estime que les premiers résultats de cette démarche commencent à se faire sentir, notamment à travers l’évolution du budget alloué à son département ministériel.


« C’est grâce à elles que nous pouvons montrer la force que nous représentons. D’ailleurs, je pense que cette conviction commence à se concrétiser, puisque le budget du ministère de la Culture progresse chaque année, avec l’attention du ministère des Finances. Cela signifie que quelque chose est en train de bouger à ce niveau », s’est-elle réjouie.


Elle a également réaffirmé son engagement à porter les préoccupations des artistes, des entreprises et des entrepreneurs culturels. Pour y parvenir, elle entend notamment favoriser une meilleure structuration du secteur, renforcer les liens entre les différentes parties prenantes et encourager la collaboration entre les ministères intervenant dans le domaine culturel.

Valoriser le potentiel des régions


Au-delà du financement, la ministre a insisté sur l’importance de la collecte des données pour mieux identifier et valoriser les richesses culturelles du pays. Elle a notamment mis en avant la diversité des expressions artistiques et des savoir-faire présents dans les différentes régions de Côte d’Ivoire.


« Nous avons aujourd’hui la conviction que le secteur de la culture est riche et diversifié. Nos 32 régions disposent de 32 directions régionales, qui nous permettent de valoriser la proximité, les savoir-faire et les sources d’inspiration dans tous les domaines, notamment la musique et les arts visuels, qui nous inspirent au quotidien », a-t-elle affirmé.


Pour Françoise Remarck, cette diversité doit s’accompagner de mécanismes de soutien adaptés et d’indicateurs fiables. En l’absence de chiffres permettant d’évaluer les besoins et les retombées économiques du secteur, il devient difficile de justifier une allocation budgétaire à la hauteur des enjeux.
La ministre a ainsi appelé à poursuivre les efforts de collecte et de valorisation des données afin de consolider la place des industries culturelles et créatives dans l’économie ivoirienne et africaine.


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Categories: Société

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