Chaque dernier dimanche du mois, des centaines de danseurs investissent une commune d’Abidjan en Côte d’Ivoire, pour répéter en public. Le résultat : un spectacle ouvert, rendez-vous iconique qui révèle les forces, mais aussi des failles du secteur de la danse en Côte d’Ivoire.

Des répétitions devenues spectacle

Siablé, c’est Danse en baoulé.
Le principe est simple : deux chorégraphes proposent chacun une chorégraphie que des danseurs s’approprient et exécutent sur place, dans un espace public. Entre deux passages, des solos, et prestations d’artistes, la température monte, et on n’est jamais à l’abri de freestyle.

Ce qui devait être des répétitions ouvertes est devenu un rendez-vous iconique. Son promoteur, Jésus Jeeh, assume le mot « festival », avec une certaine particularité : il se tient toute l’année, chaque dernier dimanche du mois.

Jésus Jeeh, initiateur du Siablé

Une ville pour scène

Le Siablé ne s’installe pas, il circule. Yopougon, Marcory, Cocody, Koumassi : d’un mois à l’autre, il s’invite dans des communes aux publics et aux énergies différentes. Ce choix n’a rien d’anodin. En allant vers les habitants plutôt que d’attendre qu’ils viennent, le festival transforme les places publiques en scènes et rend les talents visibles au plus grand nombre. Pour des danseurs qui manquent de salles et de plateformes, c’est une réponse concrète : si les lieux dédiés font défaut, la ville entière devient un terrain d’expression.

Une ambiance authentique, un travail de fond

Mobiliser des centaines de danseurs, mois après mois, dans une ambiance street dance « à l’ivoirienne », demande une énergie que peu de structures peuvent soutenir. Le Siablé offre à ces talents une scène, un public et une émulation.

Danser, oui. En vivre, c’est autre chose

Derrière la ferveur, une réalité : rares sont les danseurs qui vivent de leur art. Le secteur souffre d’un manque d’opportunités et de professionnalisation. Le Siablé comble un vide que peu d’institutions assument.

Un patrimoine à mieux vendre

Le Zaouli a connu sa gloire internationale grâce à Hollywood, à la promotion du ministère du Tourisme, et aux influenceurs. Mais la Côte d’Ivoire c’est tout un catalogues de danses. Biama, Gbégbé, Zouglou, Mapouka, Logobi… traditionnelles comme urbaines, elles forment un creuset de rythmes et de pas encore trop peu valorisé à l’international.

Le Siablé fait sa part avec panache. Reste à bâtir autour : captation de qualité, partenariats, circuits de diffusion, reconnaissance du métier de danseur. Le festival montre ce qui existe ; c’est au secteur de s’organiser pour que ces talents durent.

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Categories: Arts scéniques

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