Tanella Boni était beaucoup de choses. Tellement de choses qu’il est difficile de lui choisir un seul titre. Elle était philosophe avant-gardiste, professeure, écrivaine, poète, sociologue et biens d’autres choses.
Cette figure légendaire de la littérature ivoirienne nous a quitté ce vendredi 18 septembre 2026, mais derrière, elle laisse quelque chose de crucial; un impact.
On pourrait parler de son œuvre en faisant une simple récollection de son illustre carrière littéraire de plus d’une vingtaine d’œuvres( 12 œuvres poétiques ; 5 livres pour la jeunesse ; 4 romans ; 2 essais ; 6 nouvelles ) ou alors on pourrait se pencher sur son excellent parcours académique ( Des licences, des maîtrises, des doctorats dans le domaine de la philosophie.) Mais, hors de ses multiples distinctions et de sa pléthore de réussites, les traces de ce qu’elle représentait sont les plus visibles chez ceux pour qui Tanella Boni a été un symbole.
Janice Zouzou, étudiante en relations internationales et diplomatie, en plus d’être une férue de lecture, nous parle de l’une de ses auteures préférées.
Quels sont vos œuvres favorites de Tanella Boni ?
1) J’ai entendu parler de Matins de Couvre-Feu pendant un club de lecture, l’histoire avait tout de suite attiré mon attention, j’avais le besoin d’accomplir cette lecture. Alors, dans ma quête pour trouver l’œuvre, j’ai également acheté Elle parmi ses Souvenirs. J’aimerais posséder l’entièreté de sa bibliographie, mais pour l’instant, ce sont ces deux écrits qui sont chers à mon coeur. Je les recommanderais sans hésiter.

Un passage ou une citation d’elle qui résonne pour vous ?
2) Étant passionnée par la photographie, il y’a quelques lignes parmi les fragments de Elles, parmi ses souvenirs qui résonnent en moi : « Est-ce un hasard si l’on dit : «prendre une photo» ?
On ne prend rien de palpable, et pourtant l’essentiel est là, transposé sur du papier. L’image aura transité sur une pellicule. Et on aura eu besoin de passer par une chambre noire.
Aujourd’hui, à l’ère du numérique, on oublie ce processus complexe qui, naguère, permettait de fabriquer des images. ce processus
C’est une révolution douce que nous avons vécue au tournant du deuxième millénaire.«

Un idée partagé dans ces œuvres que vous pensez que plus de personne devraient entendre ?
3) Je crois que Matins de Couvre-feu dresse le tableau de la politique en Côte d’Ivoire, dès les premières pages je me suis demandée si elle était exilée – c’était assez poignant même si elle disait les choses de « façon subtile ». Ce livre devrait être lu par l’ensemble de la population. On aurait une perception plus claire du jeu politique d’ici. Encore dommage que ce soit inaccessible pour la majeure partie.

une chose que vous avez appris de Tanella Boni que vous continuez d’exercer dans votre vie de tous les jours
4) « Marcher, c’est penser. Marcher, c’est vivre. Car c’est au cours de la marche, chemin faisant, que ça bouillonne dans l’esprit. » J’aime la marche alors, c’est consolider en moi l’idée d’en faire un réel rituel, un exercice quotidien de réflexion. Il y’a aussi la volonté d’être actrice de la propagation du sophos et d’une politique correcte à mon échelle.

Une des dernières choses qui est sortie de cette entrevue est le fait que de par la richesse et la pluralité de ses écrits, Tanella Boni devrait faire partie de ces auteurs dont la lecture est obligatoire lors du programme scolaire. Aujourd’hui cette légende de la culture ivoirienne part, et la meilleure façon de l’honorer, c’est de profiter du trésor inestimable qu’elle nous laisse à travers ces ouvrages.



