Les nominations pour le prix international des musiques urbaines et du divertissement (PRIMUD) 2026 ont été révélées et, avec elles, de nouvelles polémiques démarrent. Cette fois-ci, c’est l’artiste rappeur ivoirien Didi B, lauréat 2023 du PRIMUD d’or – récompense la plus prestigieuse de la cérémonie – qui a décliné une énième nomination. Rien de nouveau en 10 ans d’existence.
L’événement, qui répondait à un besoin de récompenser et de rassembler, semble toujours diviser.

Polémiques
Lors de la première édition du PRIMUD, l’artiste DJ Arafat remporte la plus haute distinction. Il passe ensuite les années à venir en conflit avec l’organisateur de l’événement pour des questions de manque de considération de son statut. Le premier lauréat du PRIMUD d’or va continuellement appeler au boycott de la cérémonie.
En 2017, l’artiste Debordo Leekunfa, dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, jette à la lagune, son trophée du PRIMUD.
En 2022, l’artiste Safarel Obiang désavoue les PRIMUD et invective Molare, pour une question de maison non reçue, à titre de récompense officiellement annoncée.

Récemment, l’artiste Didi B pour les PRIMUD 2026, a refusé sa nomination et a accusé, dans un morceau fraîchement sorti, l’organisateur de ne pas lui avoir remis une maison qui date de sa victoire à la même cérémonie en 2023.
Les catégories, les nominations, les vainqueurs, tout fait débat. Bien que cette répétition des polémiques puisse paraître handicapante, elle est aussi révélatrice de la raison pour laquelle cette cérémonie perdure depuis plus d’une décennie. En effet, ce qui a bien souvent favorisé la disparition d’initiatives de ce genre, c’est l’indifférence, d’abord du public et ensuite des artistes. Les PRIMUD sont critiqués, mais ne laissent jamais indifférent.
Postérité

L’expression « toute publicité est bonne publicité » prend alors du sens. Que ce soit pour fustiger les tenues des invités, les performances de ceux qui montent sur scène ou les réactions des vainqueurs et des perdants, pouvoir attirer et garder l’attention de tout un peuple sur un événement est une tâche herculéenne que le PRIMUD réussit. Chaque année, on se plaint, que ce soit des Oscars, des Grammys, des MTV Awards ou des NRJ Music Awards, mais, de la même façon, chaque année, les acteurs du l’industrie et les téléspectateurs attendent impatiemment que ces mêmes événements arrivent.

Ce cycle est propre au monde du spectacle. La volonté de célébrer les acteurs de l’écosystème artistique vient partout, de tout temps, avec son lot de scandales. Tout est loin d’être parfait, les revendications sont bien souvent légitimes et il existe encore une grosse marge de progression.
Cela ne retire cependant pas la pertinence d’un tel rendez-vous qui permet d’évaluer la scène musicale urbaine, de la rendre davantage visible, et de susciter une émulation.
On voit bien la célébration des lauréats, et on comprend dès lors le besoin des Primud.
Abonnez-vous à la newsletter !



