Quand Himra annonce, à deux mois de son concert au stade d’Ebimpé, qu’il veut monter sur un ring pour un combat professionnel, le public s’étonne. Et pourtant
Quand Himra annonce, à deux mois de son concert au stade d’Ebimpé, qu’il veut monter sur un ring pour un combat professionnel, le public s’étonne.
Et pourtant, rien de plus logique : depuis ses débuts, le rappeur n’a jamais cessé de se battre, à contresens parfois, pour défendre une vision artistique que l’on ne comprenait pas toujours, quitte à tomber, pour mieux se relever et devenir l’icône qu’il est aujourd’hui.
Un entêté
L’un de ses combats notables est celui autour de la drill ivoire, mélange entre les rythmiques nerveuses des quartiers de Londres et les sonorités urbaines d’Abidjan, avec le langage ivoirien. Il fait partie des rappeurs qui la porte. Le genre commence à plaire, mais un court temps, face au Maïmouna, au Biama, ou au Rap ivoire.
Vite délaissé par ceux qui l’avaient testé, la drill ivoire devient « has-been » et ne positionne personne sur la scène musicale ivoirienne déjà très compétitive. C’est en tout cas, l’opinion des artistes et du public à ce moment.
Mais Himra lui, ne renonce pas. Il est têtu et sûr de son coup.
Rahim démarre sa carrière en 2015. Le jeune rappeur se cherche. Plusieurs tentatives qui rencontrent un succès relatif, avant de finir par trouver l’expression artistique qui lui va le mieux. Avoir le courage de tenter et de rater en public n’est pas donné à tout le monde. Après tout, dans le monde cruel des réseaux sociaux, la rançon de l’échec, ce sont les railleries. Et des railleries, Himra en a connu. Son entêtement était incompris.
La vérité est que Himra est l’un des rares artistes qui bien avant la notoriété, faisait déjà face au harcèlement. Il semble néanmoins que la pression plutôt que de l’écraser, l’ait endurci.
Se construit discrètement mais sûrement une fanbase engagée qui croit en lui comme il croit lui-même en lui.
La suite, on la connaît. L’underground devient mainstream avec une vision et un univers solide emprunt de rage et d’authenticité. Sa communauté s’élargit et impressionne.
Je suis un lion, je sais où je m’en vais
Himra dans freestyle drill ivoire n° 2.
1X, un coup qui fait vaciller
Himra avec ses convictions tranchées, a toujours compris qu’évoluer ne doit pas être nié son identité. Alors naît 1x. Le premier uppercut envoyé à l’industrie musicale ivoirienne. 15 titres, 41 minutes, où l’artiste offre un niveau de compréhension des codes qui le représentent. C’est un K.O technique.
- Pitbull
- Tiens ça là bas
- Coulibaly et Diabaté
- Nzala nzala
- Gâter Nanina
- Toi a dit
- Top boy
Le rappeur opère à un niveau de justesse incroyable entre les flows hardcore, les paroles imagées et percutantes, des refrains d’une efficacité monstre, les backs inoubliables, un placement des collaborations quasi parfait, un harmonieux mix des ambiances chaleureuses et sombres qui font son univers.
… Ils se sont tous rallié, je sais même plus qui me torpillais. Mes nouveaux fans sont ceux qui m’insultait hier…
Himra sur le titre GÂTER NANINA
1x, c’est la réalisation du travail d’un artiste qui se rend compte que la stratégie qu’il a choisi était la bonne : pas celle dont on ressort le moins amoché, pas celle où il fallait faire le moins d’efforts, mais celle qui lui allait le mieux. Le premier signe que cette stratégie était gagnante vient quelques mois après. Le 20 juillet 2024, sur la scène du Palais de la culture, c’est le concert du rappeur Widgunz ; Himra monte sur scène pour quelques minutes en tant que « guest ». Pas son combat, pas son arène, mais, face à son énergie et à sa présence, la salle entre en ébullition. Tout le monde comprend que quelque chose a changé.
Sept jours après, dans la même salle, cette fois-ci, c’est son moment à lui. Le changement se confirme, c’est la naissance d’un phénomène sans précédent : « la machette ». Partout sur les réseaux sociaux, on partage les images de l’artiste face au public. Après tant de batailles, tant de défaites, l’impression de ne pas avancer… L’ascension tant désirée est-elle enfin là ? N’est-ce pas le moment de se reposer et d’enfin profiter ? Pas pour Himra.
On s’arrête pas, nous on gagne et on continue
Himra dans YOROBO DRILL ACTE 3
Jeune et riche, Le K.O a tout prix
L’artiste a compris une chose durant les années de construction de sa carrière : quand la chance lui sera donnée, il ne faudra absolument pas la rater. Deux jours avant son concert au Palais, il sort un projet de 17 titres, Jeune riche. Un mois plus tard, il y ajoutera 8 titres pour une réédition, Jeune riche (Deluxe). De ces projets sortiront
- Vêtements 41 millions de vue
- Banger 34 millions de vue
- Yorobo drill acte 3 30 millions de vue
- Solo 15 millions de vue
- Daddy 10 millions de vue
- Sexy 11 millions de vue
Himra a surfé sur le bruit de son concert rempli au Palais de la meilleure des façons possible. Il a toujours eu confiance en ce qu’il avait à offrir ; il est là pour allumer et son arme, c’est la musique. Le public est plus que conquis : le 27 décembre de cette même année, il rassemble 30 000 personnes à l’extérieur de la salle du parc des expos. Le petit groupuscule est devenu une armée.
danger, forcer ils sont en danger
Himra dans BANGER
L’homme qui voulait toutes les ceintures

- L’artiste ivoirien avec le plus de vues sur YouTube. 695 millions de vues
- Des dizaines de disques d’or, de platine et de diamant.

- Premier artiste rappeur ivoirien à recevoir un disque d’or SNEP (français) pour son titre « Number One ».

Champion national incontesté, il était temps de conquérir les titres outre-mer.
En mai 2025, en France, il devient le premier artiste international africain à prester durant la cérémonie de récompense française « Les Flammes ».

Ensuite invité à plusieurs grands festivals européens, tels que Yardland ou encore Les Ardentes, plus l’arène est grande, plus la performance est dantesque.
Moins d’un an après, il remplira une salle de 7 000 personnes dans ce même pays, le Zénith de Paris. 7 000 personnes réunies pour lui dans ce même pays où juste deux ans auparavant, il annulait une prestation de quelques centaines de personnes pour un quiproquo avec les promoteurs.
L’ascension est fulgurante, mais en parallèle, les polémiques sont nombreuses. L’artiste, comme tout bon combattant, est irrévérencieux, antisystème, conflictuel. Il se fait des détracteurs, des personnes qui ne comprennent pas son succès, des observateurs qui s’inquiètent de son influence. Mais il ne s’en inquiète pas, il en joue même. Rahim a compris qu’être polarisant est une arme redoutable. La controverse vend.

nouveau boss pas d’égalité.
Himra dans NOUVEAU BOSS.
Le champion gagne, regagne et gagne encore, mais ce qu’il aime au-delà de la victoire, c’est le combat. Il n’arrête pas de retourner sur le ring, de remettre sa ceinture en jeu. Voyez-vous, Himra n’est pas un roi oisif qui reste en haut de sa tour, enfermé dans une forteresse, se raccrochant au pouvoir. Non ! Himra est un conquérant ; il va où c’est compliqué, il défie, il envoie des piques, il clashe. Souvent, les batailles peuvent paraître inutiles. Pour certains, il en perd plus qu’il n’en gagne. Mais, pouvons-nous prétendre comprendre le mental d’une personne qui s’est forger dans les conflits ?
Depuis bientôt huit ans, le pseudonyme d’Himra sur Instagram est « Himra Saiyen ». Les Saiyens sont une race fictive appartenant à l’œuvre Dragon Ball. Ils sont connus pour leur tradition guerrière et leur recherche constante de conquête intergalactique. Himra a toujours été un combattant.
Abonnez-vous à la newsletter !


