Mesdames et messieurs, voici pour votre plaisir le 4 B show. Le premier B c’est Boncana Maïga , chef d’orchestre, le deuxième B c’est le studio B, qui nous accueille, le 3eme B c’est Blé Rafael, le réalisateur, et le 4eme B pour vous servir c’est …
Georges Taï Benson s’est éteint ce vendredi 25 septembre. Maintenant qu’il n’est plus, comment parler d’un homme qui disait à qui veut l’entendre, qu’il préfère les hommages costumes aux hommages posthumes?
L’homme au verbe acéré, aux expressions imagées, l’acteur, l’animateur TV, le producteur, le mécène, l’innovateur, mais surtout le passionné. Celui-là même qui prenait une grande fierté à dire que tout ça, il l’était devenu en ayant arrêté l’école en classe de 5ème, pour se retrouver par la force de son abnégation, formé au journalisme aux côtés de Michel Drucker à l’ORTF (Office de radiodiffusion-télévision française).

La Côte-d’Ivoire découvrit la télé le 7 août 1963. Quelques temps plus tard, le jeudi 16 décembre 1965, cette même Côte d’Ivoire découvrira Georges Taï Benson. Il est apparu pour la première fois à l’écran dans l’émission, l’Afrique et le rythme (émission de variété locale). Quelques années après, dans le studio B de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), il conduira son propre programme, Georges Taï Benson reçoit.
Décennie après décennie Benson donna son tout à ce domaine. C’est pour cette raison qu’il a toujours exigé de la reconnaissance.
Après tout,
- C’est lui qui a diverti des millions d’Ivoiriens génération après génération.
- C’est lui qui a été le précurseur de l’émission Varietoscope, qui dure aujourd’hui depuis plus de 40 ans.
- C’est lui qui a facilité l’émergence de figures iconiques telles que Roger Fulgence Kassi, qui finira lui aussi, par être vu comme l’un des hommes les plus importants de la télé ivoirienne.
- C’est lui qui a mis en place le premier Téléthon dans l’histoire de la Côte d’Ivoire, pour aider la région sinistrée de Poundjou en 1976.
- C’est lui qui donna une plateforme à des artistes débutant qui aujourd’hui sont des mastodontes de la culture, tel que Aïcha Koné, ou Alpha Blondy.
- C’est lui qui a représenté la Côte d’Ivoire dans le programme télé sans frontières, qui fut diffusé partout dans le monde.
- C’est lui qui a continuellement compensé pour ce dont la télé manquait.

C’est avec excellence qu’il a fait son travail et bien plus. Mais, en retour, il a toujours senti une forme d’ingratitude. Dans les dernières années de sa vie, chaque prise de parole contenait des griefs. Ceux-ci n’ont jamais été par pure aigreur mais, par intime conviction qu’il méritait encore plus que les distinctions et les décorations, qu’il recevait au compte goutte plus son âge avançait.
Il a montré, de par son parcours la différence qui existe entre l’instruction et l’intelligence. Il a montré que, l’amour de la curiosité peut nous permettre de transcender notre condition, et nous amener à faire de grandes choses.
Et pourtant, le jubilé pour ses 50 ans et ensuite ses 60 ans de carrière n’ont pas été fêté comme il aurait aimé. Ces actions pour l’amélioration de sa communauté et de son domaine étaient à son sens, trop souvent oubliées. De plus, malgré le fait qu’il ait été grandement apprécié par le premier président de la nation ivoirienne, son appartenance ou sa non-appartenance politique au fil des années, lui a valu ce qu’il percevait comme un rejet institutionnel.

Tant de choses à retenir de celui qu’on appelait GTB. Mais, la notion qu’aujourd’hui j’aimerais mettre en lumière, c’est celle qu’il faut donner de l’amour et de l’appréciation à nos figures qui comptent, pendant qu’elles sont encore là. Il faut aussi que même quand elles viennent à partir, nous puissions rappeler leur œuvre et s’en inspirer. Au final, comme on dit, un homme ne cesse vraiment d’exister que lorsqu’on arrête de parler de lui.


