« Shogun in Lagos », le nouvel album de l’artiste et rappeur Didi B, est sorti ce vendredi 6 novembre. Que vaut ce projet où l’Ivoirien s’essaie aux sonorités nigérianes ?

Didi B est expérimenté, déjà de par l’environnement dans lequel il a grandi, ses deux parents étant des artistes, ensuite de par sa longue et prospère carrière, d’abord dans le groupe de rap Kiff No Beat et ensuite en tant qu’artiste solo. Il a rempli plusieurs stades en Côte d’Ivoire, des salles emblématiques en France, sans parler de la myriade de trophées et de certifications qu’il a reçu au fil des années.
Dès lors, qu’est-ce qui se passe quand tu sembles déjà avoir complété tous les niveaux du jeu ? Tu changes de jeu.

S’imposer au public plus grand du Nigeria est la nouvelle mission. L’arme de choix ? 21 titres où il va essayer de montrer toute sa compréhension et sa maîtrise des codes du genre afrobeat.

Une réussite sonore

L’effort est notable parce que le plan est de longue date. Depuis quelques années maintenant, l’artiste montre son désir de prendre cette route, en plus d’une confiance dans le fait qu’il possède les capacités nécessaires pour opérer ce virage. Déjà en mars 2025, avec la sortie du single Good vibes en featuring avec l’artiste Zinoleesky (certifié single d’or au Nigeria), Didi B avait montré son savoir faire en ce qui concerne ce type de sonorité. Ce projet n’est qu’une confirmation .

Il y a très peu de fausses notes ou de réels moments ratés. Tout est fait avec beaucoup de soin. On le voit à la façon d’utiliser l’argot nigérian et l’anglais en équilibre avec une touche plus personnelle, plus à l’ivoirienne. On le voit à l’espace laissé aux invités et la diversité dans les sonorités afro pour éviter une redondance. On le voit aux instrumentales très épurées qui sont le marqueur de cette recherche de qualité. Ici tout est calibré au détail prêt.

Pour revenir au point de la diversité, il faut dire que même si l’on reste dans les courants de l’afrobeat, il y’a un peu de tout : des sons avec plus d’énergie tels que « Raba » ft. Young Jon ou « Party » ft. Davido, des morceaux plus calmes et ambient tels que « Fire in your eyes » en feat avec Mavo ou « Igbo » et des balades langoureuses telles que « Jaiye », « Adios » ft. Qing Madi ou le très surprenant « Honey »… Beaucoup diront que 21 morceaux, ça fait un peu chargé pour une introduction, mais Didi B a décidé qu’il était mieux d’en faire trop que pas assez.


La recherche d’exportation

Nous sommes ici face à un projet de très bonne facture qui réalise avec brio le premier volet de l’objectif que l’artiste s’est fixé : produire un projet totalement afrobeat qui tient la route en tant qu’artiste ivoirien. Le second volet de l’objectif quant à lui, est un peu plus flou et prendra sûrement un peu plus de temps. Ce volet est le suivant : ce projet pourra-t-il efficacement lui ouvrir les portes de nouvelles contrées ?

Didi B déclarait récemment, dans un live TikTok, à son auditoire de base que, ici, celui-ci n’était pas la cible prioritaire. Son plan avec ce projet était d’aller toucher d’abord le public nigérian et, ensuite, un public international, si possible. Tout l’enjeu est là : comment les auditeurs visés vont réagir à cette proposition ?

Son premier gros show au Nigeria se déroulera ce dimanche 8 novembre à la salle Afrika Shrine de Lagos et représentera un bon premier indicateur des premiers retours sur le projet. La route est encore longue et il sera intéressant de suivre ce voyage.

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Categories: Arts scéniques

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